
La visite du président américain Donald Trump à Pékin , prévue les 14 et 15 mai, intervient à un moment extrêmement délicat, où les questions commerciales et économiques sont intimement liées à l’escalade des tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient , en plus des profonds désaccords persistants entre les États-Unis et la Chine au sujet de Taïwan , de la guerre contre l’Iran et de la concurrence pour les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Dans le même temps, les répercussions économiques liées aux tensions sur les routes maritimes vitales s’intensifient, notamment dans le détroit d’Ormuz , où les tensions augmentent en raison des sanctions et des pressions exercées par Washington sur Téhéran .
Bien que le titre officiel du sommet semble être principalement économique, son contenu réel va bien au-delà, puisqu’il s’agit de gérer des crises complexes et imbriquées et de tenter de les contenir plutôt que de chercher à y apporter des solutions définitives.
Ce sommet revêt une importance particulière et une dimension exceptionnelle, puisqu’il met fin à une interruption de neuf ans dans les visites officielles de présidents américains à Pékin. La dernière visite d’État officielle d’un président américain en Chine remontait à celle de Trump lui-même en novembre 2017. Son retour, après seulement deux jours, marque donc la reprise d’une diplomatie directe au sommet, interrompue par la précédente administration.
L’Iran est un dossier potentiel sur la table.
Concernant le dossier iranien, celui-ci ne figure pas parmi les priorités annoncées à l’ordre du jour des négociations, mais il sera – selon les observateurs – fortement présent dans les discussions politiques et sécuritaires, car la Chine est le plus grand importateur de pétrole iranien et entretient également des relations économiques avec Téhéran qui lui confèrent une influence indirecte sur ce dossier.
À l’inverse, Washington estime que Pékin peut jouer un rôle déterminant pour apaiser les tensions ou exercer des pressions sur l’Iran, notamment compte tenu des préoccupations liées au détroit d’Ormuz et aux marchés pétroliers mondiaux. Par conséquent, cette question devrait être abordée dans le cadre plus large de la sécurité régionale et de la stabilité des marchés de l’énergie, plutôt que comme un point de négociation indépendant susceptible d’être résolu lors du sommet.
Dans le même ordre d’idées, des responsables américains affirment que les importations continues de pétrole iranien par la Chine contribuent indirectement à soutenir des activités que Washington juge préoccupantes.
L’impact de la visite de Trump en Chine
Quant à l’impact politique sur le président Trump, les conséquences semblent doubles. Sur le plan intérieur, cette visite peut être perçue comme une manœuvre diplomatique renforçant l’image de Trump en tant que dirigeant capable de gérer les relations avec la Chine, malgré les désaccords entre les deux pays sur de nombreux sujets, notamment la question iranienne.
Cette impression est particulièrement importante dans le contexte de la politique intérieure américaine, où la capacité à conclure des « accords » avec les grandes puissances est un élément clé de l’évaluation des performances politiques.
En revanche, l’absence de toute avancée tangible sur des questions majeures telles que l’Iran, le commerce ou la technologie pourrait être utilisée pour saper cette perception et pour souligner les limites de l’influence américaine dans les questions internationales complexes.
Sur le plan international, cette visite reflète la réalité croissante selon laquelle la Chine est devenue un acteur incontournable des affaires du Moyen-Orient, et que toute tentative de gestion des crises régionales passe désormais par elle, directement ou indirectement, alors que des responsables de la Maison Blanche font pression sur la Chine pour qu’elle utilise son influence auprès de l’Iran afin d’ouvrir le détroit d’Ormuz, quelques jours seulement avant le sommet prévu entre le président Donald Trump et le président chinois Xi Jinping à Pékin.

Demande de médiation chinoise
Selon les observateurs, la possibilité que Washington demande une médiation chinoise dans la crise iranienne reste ouverte, mais une réponse officielle à cette demande – si elle est formulée – est peu probable, car Pékin n’a généralement pas tendance à jouer le rôle de médiateur ouvert dans les conflits menés par les États-Unis et préfère agir par des voies diplomatiques discrètes et indirectes.
À l’inverse, des rapports internationaux indiquent que Washington s’efforce de tirer parti de l’influence économique de la Chine sur l’Iran, notamment par le biais des importations de pétrole, étant donné que Pékin est l’un des principaux acheteurs de pétrole iranien, ce qui lui confère une capacité indirecte d’influencer les niveaux de financement et d’exercer une pression économique sur Téhéran.
Reuters souligne également que l’escalade des tensions dans le détroit d’Ormuz est liée à la pression accrue des États-Unis sur l’Iran, à un moment où les marchés mondiaux de l’énergie restent extrêmement sensibles à toute perturbation de cette voie maritime vitale, ce qui incite Washington à tenter d’impliquer des puissances majeures telles que la Chine dans les efforts visant à contenir l’escalade, sans toutefois que cela n’atteigne le niveau d’une médiation et de négociations complètes entre les parties.
Dans le même contexte, l’Associated Press a cité des responsables américains affirmant que l’administration américaine intensifie la pression financière et les sanctions afin de réduire la capacité de l’Iran à financer ses activités, notamment par le biais de réseaux commerciaux qui s’étendent sur plusieurs axes, ce qui place indirectement la Chine dans la sphère d’influence en la matière.
Les accusations de Washington contre Pékin
Concernant les accusations répétées des États-Unis contre la Chine, qu’ils accusent de soutenir l’Iran, Trump devrait aborder cette question dans le contexte plus large des sanctions et des pressions économiques. Les États-Unis reprochent à Pékin de continuer à acheter du pétrole iranien en grandes quantités, atténuant ainsi l’impact des sanctions imposées à Téhéran. Washington laisse également entendre qu’une coopération technologique ou industrielle à double usage est possible.
En revanche, la Chine soulignera que ses relations avec l’Iran reposent sur des bases commerciales et juridiques, et refusera de les lier aux politiques de sanctions américaines ou de les considérer comme une forme de soutien militaire.
Trump avait précédemment affirmé que la Chine avait accepté de ne pas fournir d’armes à l’Iran, expliquant dans une interview accordée à Fox Business qu’il avait reçu des assurances personnelles à cet égard du président Xi Jinping.
Dernière minute | Reuters, citant un responsable américain : Trump s’est entretenu à plusieurs reprises avec son homologue chinois au sujet du soutien financier de Pékin à l’Iran et à la Russie.
— Al Jazeera Live Now (@ajmurgent) 11 mai 2026
Trump n’a pas précisé dans l’interview enregistrée la date de l’échange des messages, mais il a écrit plus tard sur sa plateforme Truth Social qu’il « ouvrirait définitivement le détroit d’Ormuz » et que la Chine s’en réjouissait.
Lors de son interview avec l’émission « Mornings with Mariah » sur Fox Business, Trump a déclaré : « Je lui ai écrit (au président chinois) une lettre lui demandant de ne pas faire cela, et il m’a répondu par une lettre disant qu’il ne le faisait pratiquement jamais. »
Dans un message publié ultérieurement sur Truth Social, le président américain a déclaré que la Chine avait accepté de ne pas fournir d’armes à l’Iran et qu’il avait reçu des assurances personnelles à ce sujet de la part du président Xi Jinping.
Il a ajouté : « Ils ont accepté de ne pas fournir d’armes à l’Iran. Le président Xi m’accueillera chaleureusement lorsque j’arriverai dans quelques semaines », faisant référence à son sommet prévu avec Xi à Pékin.