Une coalition internationale d’avocats a intenté une action en justice auprès d’un organisme africain de défense des droits humains de premier plan pour tenter de bloquer les expulsions vers la Guinée équatoriale depuis les États-Unis.

Le procès intenté vendredi contre la Guinée équatoriale devant la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples vise spécifiquement un accord dit « de pays tiers » entre la nation ouest-africaine et l’administration du président américain Donald Trump.

En vertu de cette politique, les États-Unis peuvent expulser vers la Guinée équatoriale les personnes qui ne peuvent pas être renvoyées en toute sécurité dans leur pays d’origine. Cette pratique a été largement condamnée car elle envoie des déportés vers des pays au bilan lamentable en matière de droits, où ils n’ont aucun lien et ne parlent souvent pas la langue.

Le procès a été intenté au nom de 14 déportés. Parmi eux, certains sont toujours détenus en Guinée équatoriale dans des conditions « équivalant à une détention arbitraire et pour une durée indéterminée », selon l’acte d’accusation.

Six des personnes représentées dans la plainte avaient déjà été rapatriées de force depuis la Guinée équatoriale au cours de la semaine dernière, bien qu’elles aient exprimé des craintes de persécution ou de torture, selon les groupes de défense des droits humains qui les représentent.

Trois d’entre eux avaient été renvoyés en Guinée équatoriale après que leur pays d’origine ait refusé de les accepter. Les avocats ont déclaré qu’ils avaient perdu tout contact avec les trois autres.

Ces groupes comprenaient les groupes basés aux États-Unis Asian Americans Advancing Justice, Global Strategic Litigation Council et EG Justice, ainsi que l’Institut gambien pour les droits de l’homme et le développement en Afrique et l’Union panafricaine des avocats, basée en Tanzanie.

La plainte demande à la commission, qui évalue la conformité des droits avec la Charte africaine, de suspendre les rapatriements ultérieurs et de garantir que les expulsés aient accès à des avocats, entre autres mesures provisoires.

La commission basée en Gambie pourrait entendre l’affaire ou la renvoyer à la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, basée en Tanzanie.

Environ 32 personnes auraient été expulsées vers la Guinée équatoriale depuis l’année dernière, selon l’AFP, mais le nombre total est inconnu.

Le Département d’État américain, dans son rapport sur les droits de l’homme de 2024, a cité des « rapports crédibles » faisant état de « torture ou peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants » en Guinée équatoriale, entre autres « problèmes importants en matière de droits de l’homme ».

L’administration Trump, qui a supervisé une campagne d’expulsions massives, a défendu les expulsions de « pays tiers » comme étant légales et faisant partie d’une stratégie « visant à mettre fin à l’immigration illégale et massive et à renforcer la sécurité des frontières américaines ».

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