Une femme brandit un portrait du guide suprême iranien Mojataba Khamenei lors d’une manifestation contre les États-Unis et Israël à Téhéran le 29 mai 2026 [AFP]

Des responsables américains indiquent que Téhéran pourrait mettre plusieurs jours à répondre aux conditions plus strictes posées par Trump concernant un éventuel accord visant à mettre fin à la guerre qui dure depuis près de trois mois.

Selon des informations relayées par les médias américains, le président Donald Trump a cherché à modifier plusieurs termes d’une proposition visant à mettre fin à la guerre entre les États-Unis et Israël contre l’Iran, alors qu’un accord définitif reste hors de portée.

Le New York Times a rapporté samedi que les modifications apportées par Trump impliquaient un durcissement des termes de l’accord, et que les États-Unis ont renvoyé le nouveau cadre à l’Iran pour examen, selon des responsables au fait du dossier.

Le rapport indique que la nature des modifications n’est pas immédiatement claire. Cependant, Axios rapporte que Trump souhaitait réaffirmer plusieurs points de l’accord qu’il jugeait importants, notamment le sort des matières nucléaires iraniennes.

Un haut responsable américain a déclaré à Axios que Trump avait été informé qu’il pourrait falloir trois jours à l’Iran pour répondre.

« Ils sont littéralement dans des grottes et ils n’utilisent pas le courrier électronique », a déclaré le responsable à Axios.

« Un accord sera conclu. Nous verrons quand. Nous sommes prêts à attendre pour que le président obtienne satisfaction. Cela pourrait prendre une semaine, moins, ou plus. Nous espérons avoir des nouvelles d’ici la fin de la semaine », a ajouté le responsable.

Par ailleurs, le négociateur en chef iranien a déclaré dimanche que Téhéran n’accepterait aucun accord avec Washington à moins que les droits iraniens ne soient pleinement garantis.

« Il n’y a pas de confiance dans les paroles et les promesses de l’ennemi. Notre seul critère est d’obtenir des résultats tangibles avant de remplir nos engagements en retour », a déclaré Mohammad Bagher Ghalibaf après avoir prêté serment en tant que président réélu du Parlement.

Ces nouveaux ajustements pourraient prolonger les négociations entre les parties pendant des jours avant qu’une décision ne soit prise quant à savoir si l’accord mettrait fin à la guerre, qui a débuté après l’attaque menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février.

Des sources américaines ont indiqué à l’AFP que la proposition était en attente de l’approbation de Trump, mais que ce dernier n’avait pris aucune décision après une réunion à la Maison Blanche vendredi.

Richard Weitz, chercheur principal au Collège de défense de l’OTAN, affirme que « plus nous tardons à conclure un cessez-le-feu standard et convenu, et peut-être un accord de paix à terme, plus le risque de reprise des opérations cinétiques augmente » dans la guerre américano-israélienne contre l’Iran.

La politique américaine, le multiculturalisme canadien, la montée en puissance géopolitique de l’Amérique du Sud : nous vous présentons les sujets qui comptent.

« Les risques sont modérés comparés à l’intérêt de parvenir à un accord, dans lequel les deux parties se sentent satisfaites et s’y tiennent donc plutôt que d’essayer de le réviser ultérieurement, ce qui pourrait entraîner une escalade encore plus importante », a-t-il déclaré à Al Jazeera.

Trump a déclaré que ses priorités pour tout accord incluaient l’engagement de l’Iran à ne jamais développer d’armes nucléaires et la réouverture du détroit d’Ormuz, bloqué et par lequel transite environ 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole.

Samedi, le quartier général central Khatam al-Anbiya de l’armée iranienne a réaffirmé le contrôle du pays sur le détroit, avertissant que les navires commerciaux et militaires étrangers seraient pris pour cible s’ils ne respectaient pas la réglementation régissant le passage par cette voie navigable stratégique.

Téhéran a également affirmé à plusieurs reprises ne pas avoir l’intention de se doter de l’arme nucléaire. En mars 2025, Tulsi Gabbard, alors directrice du renseignement national américain, a déclaré devant le Congrès que Washington « continue d’évaluer que l’Iran ne développe pas d’arme nucléaire ».

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *