Un berger irakien conduit son troupeau à travers le désert de Najaf, dans le sud-ouest de l’Irak, le 12 mai, où se trouve l’un des sites (AFP).

Publié le 17/05/2026

Dernière mise à jour : 19h35 (heure de La Mecque)

Le New York Times a révélé que le désert de l’ouest de l’Irak avait été le théâtre d’activités militaires secrètes soupçonnées d’être liées à Israël, notamment la création de deux sites militaires secrets utilisés dans des opérations liées à l’Iran, avant que l’un d’eux ne soit découvert par hasard par un berger local.

Selon le rapport préparé par les journalistes Erika Solomon et Faleh Hassan, l’incident a commencé lorsque le jeune Irakien Awad Al-Shammari, alors qu’il se rendait à la ville d’Al-Nukhaib en mars dernier, a découvert de mystérieux mouvements militaires dans une zone reculée du désert, notamment des tentes, des hélicoptères et une piste d’atterrissage improvisée, avant d’être attaqué et tué lorsque son retour à son camp a été encerclé par des tirs d’hélicoptères, selon des témoins oculaires parmi les résidents bédouins.

Le Parlement irakien paralysé : suspension des travaux parlementaires sur fond de crise de confiance et de projets de loi en suspens. (Agences)
Des parlementaires irakiens ont indiqué lors de réunions à huis clos qu’il existe au moins un deuxième site dans une autre zone désertique dont l’emplacement exact n’a pas été divulgué (Agences).

« Un rapport aux autorités et le meurtre d’un soldat irakien »

Le rapport indiquait que les autorités irakiennes avaient par la suite reçu un témoignage sur ce qu’al-Shammari avait vu avant sa mort, ce qui avait incité les forces de sécurité à lancer une enquête secrète dans la zone. Cependant, une mission de reconnaissance militaire irakienne envoyée sur place a essuyé des tirs, entraînant la mort d’un soldat et des blessures chez d’autres, et contribuant à obscurcir davantage la nature des forces militaires présentes.

Le rapport cite des responsables irakiens et régionaux affirmant que le site découvert par al-Shammari était l’un des deux sites secrets qu’Israël aurait utilisés de manière intermittente en territoire irakien depuis fin 2024, dans le cadre de préparatifs militaires préventifs liés à des opérations contre l’Iran . Ces responsables ajoutent que le site servait au soutien des opérations aériennes, au ravitaillement en vol des aéronefs et à la fourniture de services logistiques et médicaux.

Lors de réunions à huis clos, des parlementaires irakiens ont déclaré qu’il existe au moins un deuxième site dans une autre zone désertique dont l’emplacement exact n’a pas été divulgué, ce qui indique une expansion non déclarée de la présence militaire dans l’ouest du pays.

Avec les connaissances de Washington

Les autorités ont également confirmé que certaines de ces activités étaient connues des États-Unis depuis 2025 sans que le gouvernement irakien en ait été officiellement informé.

Le New York Times indique que le gouvernement irakien est confronté à un dilemme politique et sécuritaire délicat, car il nie officiellement avoir connaissance de la présence de bases militaires étrangères non américaines sur son territoire, tandis que des questions se posent de plus en plus en interne quant à la capacité de l’État à surveiller ses frontières occidentales compte tenu des tensions régionales entre Washington, Téhéran et Tel Aviv.

Le sort du deuxième site est inconnu.

Le rapport indique que l’Irak, qui vit depuis des années dans un équilibre délicat entre les États-Unis et l’Iran, pourrait subir de plus graves répercussions politiques et sécuritaires si ces informations sont confirmées, notamment en raison de la possibilité que des factions armées alliées à Téhéran exploitent ces développements pour justifier une escalade ou rejeter les pressions en faveur du désarmement.

Le journal conclut son article en notant que le site découvert par Al-Shammari n’est plus actif, tandis que le sort du second site reste inconnu, alors que des voix s’élèvent localement pour réclamer une enquête indépendante sur les circonstances de l’incident et le meurtre du berger irakien, dont la découverte fortuite est devenue un enjeu épineux de sécurité nationale dans l’une des régions les plus sensibles du Moyen-Orient .

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *