Le président américain Donald Trump quitte la Chine après une visite de deux jours (Getty)

Taïwan a insisté samedi sur son statut de pays indépendant, quelques heures après que le président américain Donald Trump l’ait mis en garde contre toute déclaration formelle d’indépendance, suite à sa visite dans la capitale chinoise, Pékin.

Le ministère taïwanais des Affaires étrangères a déclaré dans un communiqué que Taïwan est « un pays démocratique souverain et indépendant, et non soumis à la République populaire de Chine ».

Le communiqué ajoutait que la vente d’armes à ce pays depuis Washington s’inscrit dans le cadre des engagements de sécurité des États-Unis à son égard et constitue « une forme de dissuasion conjointe contre les menaces régionales », après que Trump eut déclaré qu’il n’avait pas encore pris de décision concernant cette vente.

L’avertissement de Trump

Vendredi, le président américain a mis en garde Taïwan contre toute initiative visant à déclarer son indépendance, après une rencontre avec le président chinois Xi Jinping lors d’une visite de deux jours à Pékin, marquée par l’avertissement de ce dernier selon lequel une mauvaise gestion de la question pourrait entraîner les deux superpuissances dans un « conflit ».

D’après des extraits d’une interview télévisée accordée à Fox News, enregistrée avant son départ de Pékin et diffusée vendredi, Trump a déclaré : « Je ne veux pas que quiconque déclare l’indépendance », ajoutant : « Je pense que la Chine pourrait faire quelque chose concernant Taïwan si je ne suis pas là. »

Trump a expliqué qu’il ne voulait pas que « quiconque dise : ‘Déclarons l’indépendance parce que les États-Unis nous soutiennent’ », précisant qu’il n’avait pas encore pris de décision concernant la vente d’armes à l’île.

Il a poursuivi : « Je souhaite que Taïwan réduise les tensions. Et je souhaite que la Chine réduise les tensions. »

Le président américain Donald Trump (à droite) fait un geste en direction du président chinois Xi Jinping à sa sortie du jardin Zhongnanhai à Pékin, le 15 mai 2026. (Photo : Evan Vucci / POOL / AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) et le président chinois Xi Jinping (AFP)

pierre angulaire

Le vice-ministre taïwanais des Affaires étrangères, Chen Ming-chi, a déclaré samedi que les ventes d’armes américaines à Taïwan ont toujours été une pierre angulaire de la paix et de la stabilité dans la région, un point souligné par la législation américaine.

Il a ajouté aux journalistes à Taipei que Taïwan continuerait de communiquer avec la partie américaine et de comprendre sa position sur la situation concernant les ventes d’armes supplémentaires.

Un avertissement sans équivoque du président chinois a éclipsé les chaleureuses poignées de main et les célébrations de la veille, Xi indiquant qu’une mauvaise gestion de la question taïwanaise pourrait pousser Pékin et Washington à un « conflit ».

Il a déclaré : « La question de Taïwan est la plus importante dans les relations sino-américaines », ajoutant que « si elle est gérée correctement, les relations entre les deux pays peuvent rester globalement stables. Mais si elle est mal gérée, les deux pays s’affronteront, voire entreront en conflit. »

La Chine considère Taïwan comme une province rebelle qu’elle n’a pu annexer pleinement depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Tout en appelant à une résolution pacifique, elle revendique son droit d’utiliser la force. Elle s’oppose à toute action qui, selon elle, compromet la « réunification » qu’elle juge inévitable et non négociable.

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