Téhéran affirme que le contrôle du détroit d’Ormuz renforcera son influence (AFP)

L’armée iranienne a annoncé que le contrôle total du détroit d’Ormuz renforcerait l’influence internationale de Téhéran et générerait des retombées financières substantielles, doublant ainsi ses revenus pétroliers, au moment même où le commandement central américain annonçait avoir contraint deux navires commerciaux à rebrousser chemin.

Le porte-parole militaire iranien Mohammad Akramnia a expliqué que les forces navales des Gardiens de la révolution contrôlent la partie occidentale du détroit, tandis que l’armée iranienne supervise la partie orientale.

Akremenia a fait remarquer que cette situation «doublera les recettes pétrolières du pays» grâce aux redevances et à l’influence économique découlant du contrôle de cette voie navigable stratégique.

Hamid Reza Haji Babaei, le vice-président du Parlement iranien, avait précédemment annoncé la perception des premiers revenus financiers provenant des taxes imposées aux navires de passage.

Pour sa part, le vice-président iranien Mohammad Reza Aref a affirmé mercredi que le droit de son pays à contrôler le détroit d’Ormuz était « établi » et que la question était réglée.

Premier vice-président Mohammad Reza Aref. Source : IRNA
Mohammad Reza Aref, vice-président iranien (IRNA)

« Levier de puissance » et gestion des articulations

Pour sa part, le chef du Comité de sécurité nationale au sein du Conseil de la Choura iranien, Ibrahim Azizi, a révélé l’achèvement d’un plan intégré pour la gestion stratégique de la voie navigable, soulignant l’intention de Téhéran d’utiliser le site comme un « levier de puissance » face à la pression internationale.

Comme l’a déclaré Abdullah Haji Sadeghi, représentant du Guide suprême au sein des Gardiens de la révolution : « La disponibilité de nos combattants dans des zones comme le détroit d’Ormuz montre que si nous le voulons, aucune puissance ne peut nous résister », ajoutant : « L’ennemi n’ose pas franchir nos frontières occidentales. »

Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions persistantes depuis le début de la guerre israélo-américaine contre Téhéran le 28 février, qui a entraîné une paralysie quasi totale du trafic maritime dans le détroit, par lequel transite environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz liquéfié.

Washington maintient son blocus naval

En revanche, le commandement central américain (CENTCOM) a confirmé avoir contraint deux navires commerciaux à rentrer cette semaine, conformément aux mesures d’embargo imposées à Téhéran.

Le CENTCOM a annoncé avoir dérouté 67 navires commerciaux depuis le début du blocus, tout en n’autorisant le passage que de 15 navires transportant de l’« aide humanitaire ».

Les États-Unis continuent d’imposer un blocus naval strict aux ports iraniens malgré un accord de cessez-le-feu « fragile » en vigueur depuis le 8 avril, et le détroit d’Ormuz constitue le principal point d’achoppement dans les négociations au point mort entre les deux parties.

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